La vie à la Maison Bleue

Après un an – On fait le bilan

On fait le bilan, CAL-me-ment

Le 1er juin 2015, 8 inconnu.e.s entrions dans 3 appartements vides qui allaient devenir notre0-Début chez nous. Nous ne nous connaissions pas ou peu pour certains.e.s, nous n’avions aucune idée de comment se montait un mur mais nous étions liés-es par le projet de vivre ensemble, de la manière la plus résiliente possible.

Aujourd’hui, nous sommes 12 et nous occupons 4 des 5 appartements de l’immeuble dans lequel nous sommes. Nous avons chacun.e notre chambre et des pièces communes comme un coworking ou un grand atelier dans le garage. Notre vie se construit au fur et à mesure, sans stress, dans la bienveillance.

1-Poule

365 jours plus tard, voici ce que nous avons réussi à mettre en place…

Consommation

L’objectif principal était de ne plus mettre les pieds dans un Carrefour ou autre grande surface que nous jugeons malsaine, peu résiliente. Dans la même idée, nous ne souhaitions pas nous nourrir de récup’ de ces mêmes grandes surfaces. Si éviter le gaspillage est génial, se nourrir sur les restes d’une industrie malade ne fait pas avancer la transition. Aussi, nous avons décider de mettre notre argent dans de la production bio, si possible locale, afin d’apporter une pierre de plus aux projets qui pensent l’alimentation de demain. (Nous avons de la chance d’avoir une petite épicerie Croc Mon Bio à 20 mètres de la maison.)

potagerAu niveau alimentation, nous nous nourrissons essentiellement de fruits et légumes, de féculents, de légumineuses et fruits secs mais aussi de fromage et de pain. Si tout le monde n’est pas foncièrement végétarien, c’est une tendance qui domine.

Déchets

Pour ce qui est de l’objectif zéro déchet, un bon chemin a été fait et nous offre encore bien des surprises ! Concrètement, non, nous ne vivons pas sans déchets. Mais nous les avons réduits !

3-déchets

Pour se faire, nous avons posé une toute petite poubelle de déchets ménagers (la poubelle de la honte pour ceux et celles qui sont venus), que nous jetons 2 fois par mois, une grosse poubelle de recyclage et bien sûr un compost et des poules qui récupèrent nos biodéchets. Nous suivons des méthodes qui ont fait leurs preuves 🙂

Pour réduire ces déchets, nous y allons par étape : d’abord le plus simple à transporter en vrac (épicerie sèche, féculents, thé..) puis plus compliqué (fromage, jus..). Évidemment, ce n’est pas toujours réussi mais on avance !

4-soso

Récup – Do It Yourself (DIY)

Dans la même fibre, nous avons réussi à quasiment tout construire sans jamais rien acheter de neuf. Que ce soient les cloisons des chambres, la mezzanine dans le jardin ou les meubles, nous avons réussi à réutiliser des matériaux récupérés (palettes..).

5-DIYPour ce qui est de faire nous même, nous avons également pris le temps de remplacer petit à petit ce qui compose notre quotidien au niveau entretien de la maison ou du corps. Ainsi, nous faisons notre lessive nous-même, les éponges ont disparues (remplacées par des tawashis) et nous sommes nombreux à faire nous même notre déo et notre dentifrice.

L’énergie

Une question qui nous anime depuis le début : comment réduire notre empreinte énergétique. En tant que locataires, nous ne pouvons pas toucher aux cloisons ou au murs et donc à leur isolation. Mais nous essayons de réduire certains postes émetteurs, comme le frigo (nous avons troqué notre gros contre un petit et nous envisageons de nous en passer définitivement). Nous avons bien sûr remplacé le plus d’ampoules possible par des lampes basse consommation et nous tentons de garder au mieux la chaleur pour ne pas allumer les radiateurs. De même, nous avons entamés notre transition d’EDF vers Enercoop pour toute la maison.

Le jardin

Un des endroits phares de la maison est bien sûr le jardin ! Bien qu’il soit relativement petit, nous l’avons aménagé au mieux.

Une mezzanine s’est donc construite pour accueillir un potager sur son toit. Nous mettrons en place un système selon les techniques de la permaculture constituée de bacs de terre classiques et l’autre en aquaponie, c’est-à-dire des bacs de bille d’argile alimentés par un circuit d’eau relié à un bassin. Le côté pratique avec la mezzanine c’est qu’on peut y mettre beaucoup de choses en dessous, dont notre poulailler !6-jardin copie

Nos deux petites poules sont au sec et nous offrent deux œufs par jour 🙂

Enfin, ce jardin tend à évoluer en un lieu de vie convivial, des infrastructures seront construites dans ce sens.

La vie en communauté

Le pilier de notre colocation est ce que nous avons a priori le mieux réussi ! Le vivre-ensemble n’a pas été toujours évident mais nous avons trouvé notre rythme à 11.

La complexité a été de découvrir que nous n’étions pas forcément prêts à réduire notre temps actif dans la vie de tous les jours. Chacun.e des 11 colocataires est engagé dans une association, un mouvement, en plus de ses activités professionnelles. Cette activité est à l’origine de la colocation mais a pu entraver parfois son bon développement.

eco-collocation-1Nous ne passons pas toutes nos journées à la maison, c’est sûr, et avons donc parfois du mal à mettre en place ce que nous souhaitons. Certains.e.s sont plus actif.ve.s que d’autres et c’est bien le principe !

Toute la dynamique de la coloc se base sur l’équité. Il revient à chacun.e de définir ses besoins fondamentaux et de trouver les moyens de les combler dans notre vie en collectivité. Ainsi, nous ne comptons pas ce que nous faisons ou donnons (notamment au niveau argent), chacun.e est libre de son implication.

C’est parce que nous n’avons pas les mêmes besoins qu’il n’est pas nécessaire que nous ayons tous la même quantité de tâches à faire ou d’argent à mettre.

Nos réunions de colocations mensuelles sont là pour faire le point sur les ressentis de chacun.e.s et ajuster les modes de vie en conséquent.

Le tout se fait dans la bienveillance, l’écoute et le partage.

Enfin, notre maison ne serait rien sans toutes les personnes et les projets qui y passent. Nous sommes heureux d’avoir une maison ouverte aux personnes souhaitant y rester quelques temps ou simplement découvrir. Nos projets associatifs nous suivent et font partie intégrantes du rythme de la coloc.

8-nous

 

Une aventure qui continuera le plus longtemps possible avec ou sans nous !

La vie à la Maison Bleue

Bâtir la résilience

Une colocation pour bâtir la résilience, une communauté pour construire ensemble. Ne pas vivre dans l’idéal procuré par un univers que nous savons tous comme éphémère, mais au contraire se préparer aux difficultés que nous réserve un monde qui change. Anticiper les adaptations qui de toutes façons, un jour ou l’autre, s’avéreront nécessaires. Les voir comme une opportunité de vivre la transition plutôt que d’être contraints au changement.

Bâtir la résilience. Vivre la transition. Nous essayons de développer cet idéal dans le plus de pans de notre vie commune possible. Cela n’est pas toujours facile, mais de semaines en semaines, des semis ont timidement envahi la cuisine, avec à la clé l’idée de tendre vers l’autonomie alimentaire. Un jour peut-être. Dans le jardin, un abri qui semble abandonné. Pourtant, si l’on prête un peu l’œil au fil des semaines, l’abri se mue petit à petit en mezzanine, qui elle deviendra un potager suspendu et un système d’aquaponie.

En aquaponie, on reconstitue tout un écosystème pour pouvoir produire des légumes sur une très petite surface : une circulation d’eau connecte plusieurs mètres carrés de potager à un aquarium contenant des poissons, les excréments des poissons nourrissant les plantes et réciproquement, avec au final très peu d’apports extérieurs.

Tendre vers l’autonomie alimentaire d’abord. Mais pas seulement. Tendre vers l’autonomie énergétique ensuite. Commencer par réduire notre consommation pour tenir dans les limites de la planète. Tous les colocs se sont blottis sous les couvertures pendant l’hiver, en limitant le chauffage, un des principaux postes de dépense énergétique dans notre maison.

Également repenser notre mobilité. Peu à peu vendre les voitures vieillissantes pour acquérir un vélo. Réfléchir à la construction d’un vélo cargo que nous pourrons réparer et entretenir nous-même.

Néanmoins, impossible de repenser notre mobilité sans repenser notre consommation. Nous avons décidé de consommer le plus bio et le plus local possible et de nous approvisionner dans des commerces locaux plutôt qu’en grande surface, où d’ailleurs nous ne mettons plus les pieds depuis plusieurs mois.

Alors, bientôt un an après avoir investi la Maison Bleue, nous nous efforçons peu à peu de construire la transition, mais aussi d’inspirer les visiteurs, nos proches, pour que le mouvement se propage.

Bien sûr, tout ne fonctionne pas du premier coup. Les expériences se soldent parfois en échecs cuisants qui sont autant d’invitations à réessayer, à faire évoluer nos méthodes, à échanger et mettre en commun nos déconfitures pour faire en sorte que chaque tentative soit moins ratée que la précédente. Moins ratée, voire réussie car à force de tomber on finit par apprendre à marcher.

La vie à la Maison Bleue

de la place des bocaux

Des bocaux. Des bocaux par milliers. Des qui débordent depuis les placards, les étagères, cachés entre deux tupper-wares, par dedans les casseroles, sous les meubles parfois. Tout un tas de récipients de verre en attente de nouveaux contenants.

les bocaux du tirroirDans notre démarche Zéro déchets nous arrivons à capitaliser des jarres, sagement alignées, rêvant qu’on leur redonne une fonction.

Hier farcis de tomates concentrées, aujourd’hui pleins de lentilles corail et demain…demain ces bocaux nous serviront peut-être de Bento Box artisanales / pot à confitures / verre à brosse à dents / bidon pour lessive maison / bougeoirs / boîte de céréales (rayez la mention inutile).

l'étagère

Les bocaux ne sont pas les seuls objets que nous cultivons dans notre cuisine et nos armoires. Nous accumulons également des sachets de pains à foison pour éviter que la boulangère nous en fournisse ou pour aller faire les courses en vrac, des collants usés pour en faire des anneaux de rideaux de douches ou des élastiques, des palettes et autres bouts de bois pour le futur projet d’aquaponie. Il se cache des trésors insoupçonnés, inexploités, quand on cherche dans notre garage. Parfois l’un.e d’entre nous tombe sur certains des vôtres, ceux dé-laissés sur les trottoirs. Ici, il trouve de nouvelles utilités et vous seriez bien surpris de savoir ce qui a été récupéré ou non dans notre Maison Bleue.

Certes, stocker n’est pas facile tous les jours et nous avons bien du mal à faire le tri (quel comble!). Toutefois, reconsidérer nos déchets nous permet de mieux appréhender les objets qui nous entourent et de repenser nos modes de consommation. Un peu de gymnastique imaginative et HOP des pots à plantes et de nouvelles étagères !

Et vous, quels sont les objets auxquels vous donnez une nouvelle vie ?

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La vie à la Maison Bleue

« 12 sept 2015. Cela fait déjà 3 mois que nous nous sommes installés rue des cottages, à Bourg la Reine, dans une maison qui nous a accueilli les bras ouverts. Le 1er juin 2015, nous entrions dans ce qui allait être notre maison bleue et notre nouvelle vie résiliente.»

C’est ainsi que commençait le premier article écrit pour le blog, malheureusement inachevé…